Bienfaiteurs

<<  Février 2012  >>
 Lu  Ma  Me  Je  Ve  Sa  Di 
    1  2  3  4  5
  6  7  8  9101112
13141516171819
20212223242526
272829    

Protecteurs

BBVA Entreprise de l'Année 2011 Imprimer Envoyer

LA BANQUE ESPAGNOLE BBVA:

UN PARTENAIRE SÉCULAIRE DES ÉCHANGES HISPANO FRANÇAIS

PRIX ENTREPRISE DE L'ANNEE 2011 de la COCEF

 

Par Felipe Sáez

Administrateur de la Chambre Officielle de Commerce d'Espagne en France
Chargé des Relations Extérieures

 

A la fin du XIXème siècle, les relations économiques et financières entre l'Espagne et la France se situaient déjà à un niveau élevé. En 1897, la France était le 2ème fournisseur et le 2ème client de l'Espagne, et figurait incontestablement comme premier investisseur étranger devant la Grande-Bretagne.

 

Cette prédominance française était notoire sur le plan financier: la Bourse de Paris et les grandes banques françaises (Rothschild, Banque de Paris et des Pays-Bas, Société Générale, Crédit Lyonnais notamment) souscrivaient la majeure partie de la dette publique espagnole et contribuaient au financement des besoins induits par le processus d'industrialisation. Certains établissements s'installaient même en Espagne, comme le Crédit Lyonnais ou la Société Générale.

Dans ce contexte, toute banque espagnole d'une certaine importance se devait être représentée sur la place de Paris. Aussi, peu après sa création, le 24 août 1857, le Banco de Bilbao prit comme correspondant une maison de banque à capitaux espagnols, Abaroa y Compañía, installée dans la capitale française depuis la première moitié du siècle. Cette relation va durer 45 années, jusqu'à la survenance de deux évènements indépendants l'un de l'autre mais qui vont avoir une incidence sur le comportement du Banco de Bilbao.

D'abord, il y eut la fusion, le 1er mai 1901, du Banco de Bilbao avec le Banco de Comercio, entité bancaire extrêmement dynamique et rentable très liée aux activités minières, sidérurgiques et navales alors que son partenaire opérait avec une clientèle essentiellement commerciale. Cette opération, en élargissant son champ d'action à des secteurs comptant une forte présence capitalistique française et en lui apportant des cadres expérimentés dans le financement de ces activités, va renforcer le potentiel du Banco de Bilbao.

Puis, en février 1902, le correspondant à Paris du Banco de Bilbao fit faillite. Or, cette maison détenait d'importants dépôts de valeurs, propriété du Banco de Bilbao et de bon nombre de ses clients commerçants, qu'elle avait investi en majorité dans des spéculations qui s'avérèrent ruineuses. Le Banco de Bilbao assuma alors, dans la procédure devant les tribunaux français, la défense des intérêts non seulement de ses propres clients mais également de tous ceux des créanciers résidents dans la ville de Bilbao. Il s'ensuivit de nombreux déplacements à Paris du Directeur général du Banco de Bilbao, lui-même ancien Directeur général du Banco de Comercio, au cours desquels celui-ci eut connaissance également de la liquidation de la banque Goguel & Cie qui détenait également de nombreux dépôts de commerçants et de particuliers espagnols.

Sur la proposition du Directeur général, le Conseil d'Administration du Banco de Bilbao décida alors, le 10 mars 1902, la création d'une succursale à Paris. Cette dernière s'installa dans les locaux loués à l'ex-banque Goguel & Cie et devint opérationnelle à partir de mai 1902 avec comme premières ressources les dépôts récupérés de l'ancien correspondant et de la banque Goguel. C'était la première succursale d'une banque de droit espagnol à fonctionner en France.

 

Pendant les premières années d'existence, l'activité de la succursale française du Banco de Bilbao se porta essentiellement sur la gestion des titres et sur les opérations en Bourse pour compte de sa clientèle presque exclusivement espagnole et pour son propre compte, ainsi que, à partir de la première guerre mondiale, sur les opérations de change. Plus accessoirement, sur l'escompte et l'encaissement de papier commercial. Après la guerre, durant les années 20, le Banco de Bilbao poursuivra son activité boursière, notamment en canalisant la majeure partie des investissements  espagnols dans la dette publique française dont les émissions étaient nombreuses en raison du déficit budgétaire élevé.

La crise puis la stabilisation du franc entre 1925 et 1928 et, ensuite, la crise de 1929 affectèrent la succursale dans pratiquement toutes ses activités. En effet, la dépréciation puis la stabilisation de la devise française et la réduction du déficit budgétaire public éloignèrent les capitaux espagnols de la place parisienne, d'abord à titre de précaution ensuite par défaut d'opportunités rentables. Vinrent s'y ajouter l'affaiblissement des échanges commerciaux avec l'Espagne, la contraction générale de l'activité économique à partir de 1930, et l'effondrement boursier. L'activité du Banco de Bilbao à Paris régressa de manière importante.

La guerre civile espagnole entraîna un retrait massif des dépôts clientèle de la succursale laquelle, faute de moyens, fut déclarée en faillite et placée sous administration judiciaire, le 26 mars 1937, ses bureaux étant fermés en septembre 1937. Ceux-ci ne rouvrirent qu'en mars 1942, du fait de la mainlevée de l'administration judiciaire et de la clôture de la faillite à la suite de la garantie de remboursement du passif restant donnée par l'État espagnol.

Une longue période de marasme s'ouvrit pour le Banco de Bilbao à Paris. L'économie tournant au ralenti sous l'Occupation, l'inflation galopante, le contrôle des changes draconien et une sévère politique de restriction des crédits dans l'après-guerre, l'extrême faiblesse voire l'inexistence des échanges de toute nature avec l'Espagne du fait, notamment, de la fermeture de la frontière pendant près de 3 ans, déterminèrent un niveau minimal d'activité de la succursale.

La récupération sera lente et ardue jusqu'au début des années 60. L'activité se concentrait sur les opérations de change manuel et les ouvertures de crédits documentaires, mais ces opérations se trouvaient elles-mêmes freinées par les restrictions qu'imposait l'Office des Changes espagnol pour fournir les devises nécessaires au règlement des importations. Pour sa part, le cours irréel de la peseta détournait beaucoup de travailleurs espagnols immigrés d'effectuer leurs remises en Espagne.

A partir de 1959, la mise en vigueur en Espagne du Plan de Stabilisation, l'entrée à l'O.E.C.E. (Organisation Européenne de Coopération Économique) et, surtout, la convertibilité de la peseta, marquèrent un tournant dans les échanges de l'Espagne avec l'étranger. La nouvelle cotation de la peseta à des taux réalistes rendait concurrentiels les produits espagnols sur les marchés extérieurs, stimulait le tourisme étranger de masse et les investissements étrangers et incitait les travailleurs émigrés à accroître leurs remises de fonds à leurs familles restées en Espagne. Cependant que l'accroissement du chômage découlant de la forte récession économique causée par les mesures du Plan de Stabilisation entraîna une émigration massive de travailleurs espagnols en quête d'emploi (plus de 1 million de personnes entre 1960 et 1970) vers les pays du Marché Commun, surtout la France, alors en pleine expansion et demandeurs de main d'œuvre.

Les perspectives opérationnelles de la succursale française du Banco de Bilbao s'en trouvèrent radicalement modifiées.

 

Sous l'impulsion de sa Maison mère qui canalise, en Espagne dans les années 60, entre 10 et 12 % des opérations du commerce extérieur espagnol, la participation de la succursale de Paris dans les échanges hispano français s'accroît également au cours de cette période jusqu'à atteindre près de 10 %. Et cela, en dépit d'un environnement professionnel adverse puisque, à partir de 1963 et, sauf de courtes interruptions, jusqu'en 1985, il se caractérisa par un strict contrôle des changes et par un encadrement du crédit, fixant à chaque banque une limite maximum révisable annuellement. Par ailleurs, les autorités monétaires françaises maintinrent longtemps les taux du marché interne inférieurs à ceux des marchés internationaux, ce qui pénalisait les opérations actives des banques.

Dans ce contexte restrictif, le Banco de Bilbao à Paris prit alors son essor en réorientant ses activités de manière à échapper aux limitations légales.

Au plan des ressources, la succursale se tourna résolument vers les immigrés espagnols en France pour capter leurs dépôts, en leur ouvrant des livrets d'épargne, et pour canaliser leurs remises vers l'Espagne. Le passif clientèle de la succursale s'accrut de près de 80 % entre 1963 et 1964, et de 42 % par an en moyenne entre 1964 et 1971, tandis que le volume total des remises d'immigrés au cours de cette période s'éleva à près de 1 milliard de francs, chiffre ramené de nos jours à un niveau négligeable à la suite du déclin de l'immigration massive à partir des années 80.

Au plan des emplois, et afin de rentabiliser ses ressources de plus en plus abondantes mais improductives en raison de l'encadrement du crédit, la succursale française développa, à partir de 1969, les opérations d'arbitrage et de dépôts sur les marchés des devises et sur le marché monétaire français. Le Banco de Bilbao à Paris devint, en peu de temps, la référence concernant la cotation de la peseta, compte tenu des volumes importants qu'il traitait dans cette monnaie, à telle enseigne que la Banque de France, en 1975, l'inclut dans le groupe restreint des banques qui déterminaient les cotations à la Bourse des devises.

Par ailleurs, conformément à la nouvelle politique définie par la Maison mère, la succursale française commença à participer au financement de crédits "syndiqués" internationaux et à celui de crédits acheteurs, ces derniers portant essentiellement sur de grandes entreprises espagnoles.

La dérégulation bancaire et financière en France à partir de 1985, l'adhésion communautaire de l'Espagne en 1986 avec, en corollaire, sa transformation économique et sociale, la cessation presque complète de l'immigration espagnole en France, la libre circulation des capitaux et des personnes dans l'Union européenne et, enfin, l'arrivée de l'Euro, ont totalement modifié les conditions d'activité du Banco de Bilbao à Paris au cours des 25 dernières années.

La fin de l'immigration massive espagnole et l'implantation de l'Euro impliquèrent la disparition pratique des transferts de fonds au titre de "l'aide familiale" et une considérable diminution des activités cambistes.

En revanche, dès les années 70 mais, surtout, à partir de l'entrée de l'Espagne dans le Marché Commun, le Banco de Bilbao à Paris, en étroite coordination avec sa Maison mère, entreprit d'appuyer l'expansion des grandes entreprises françaises dans ce dernier pays.  Cette expansion reprenait, après l'interruption due à la crise de 1929, aux guerres civile et mondiale et à l'après guerre, la tradition du XIXème et du début du XXème siècle.

Cet appui de la succursale au développement des entreprises françaises en Espagne a revêtu des rmes très diverses. Il est allé en France du financement bancaire classique à, dans certains cas, à la participation au capital, en passant par la gestion des besoins courants de ces entreprises (paiement des salaires et des domiciliations, cartes de crédit, etc.).  La succursale a su être l'introducteur en Espagne des sociétés françaises, devenant l'interlocuteur de référence pour ce pays de bon nombre de sociétés du CAC 40.

En outre, suite à sa fusion-absorption avec la banque publique espagnole Argentaria en 2000, la Maison mère, devenue le BBVA, a étendu son réseau -déjà large- de filiales et de succursales en Amérique Latine. Cette situation a fourni une opportunité au BBVA à Paris d'offrir son accompagnement aux  entreprises françaises dans leur implantation sur les marchés sud-américains, d'autant plus que les banques françaises n'y détiennent que des réseaux limités.

Enfin, il convient de ne pas omettre l'appui que le BBVA à Paris, en coordination avec sa Maison-mère, ne cesse d'apporter aux entreprises espagnoles s'implantant en France, surtout à partir des années 90.

Aujourd'hui, constituant la presque unique présence bancaire espagnole en France, le BBVA à Paris est devenu un acteur incontournable et une référence dans les relations financières privées franco-espagnoles. Son expérience et sa connaissance traditionnelles du marché français jointes à l'universalité des services et des concours qu'il peut apporter en raison de son appartenance à un des plus importants groupes bancaires mondiaux, en font un interlocuteur précieux pour les entreprises françaises travaillant ou voulant s'implanter en Espagne et en Amérique Latine.

A ce titre, et du fait de sa vocation essentielle, notre Chambre Officielle de Commerce d'Espagne en France  est fière de compter le BBVA parmi ses membres, comme un des plus anciens et fidèle d'entre eux. Elle se réjouit également d'avoir eu l'occasion de lui décerner le Prix de l'Entreprise Année 2011,  sous la forme d'un magnifique tableau de Beatriz MOYA, amplement mérité.

 

l'Espagne dans la presse Française

Annuaire de Sociétés par Pays

© Cocef 2011 - Agence Web Trackbusters SEO